Réaliser son stage au sein de l’association The SeaCleaners : le portrait de Baptiste, ingénieur

Chaque année, The SeaCleaners accueille des stagiaires venus de tous horizons pour se former à un métier et contribuer aux missions de l'association, au sein de 5 pôles de compétences : ingénierie, opérations, sensibilisation, bénévolat et communication.
Le point commun entre ces jeunes talents? La passion.
Nous vous proposons de découvrir le parcours de Baptiste, ingénieur, ancien stagiaire et nouvelle recrue au sein de Manta Innovation, le bureau d'études de The SeaCleaners.

Quel était ton parcours avant de rejoindre The SeaCleaners ? Quelles sont les raisons qui t’ont amené à rejoindre The SeaCleaners le temps de ce stage ?

Après un bac S Mention Très bien, j’ai rejoint l’ESTACA, une école d’ingénieur postbac spécialisée dans le milieu des transports (automobile, aéronautique, spatiale et ferroviaire). Au terme de ma deuxième année, j’ai rejoint la filière aéronautique, pensant vouloir construire des machines volantes pour le reste de ma vie. Mais en cours de route, j’ai commencé à me sensibiliser pour la cause environnementale, et en particulier la pollution plastique dans les océans. Malheureusement, la filière navale n’existait pas encore à l’ESTACA. Par chance, l’école permet à ses élèves, et les encourage même, à lancer des projets étudiants durant leur scolarité pour développer leurs compétences et leur réseau. J’ai donc lancé mon propre projet, le projet Green Turtle, qui vise à la construction d’un robot-tortue collecteur de déchets dans les ports, au terme de ma troisième année. A mesure que le projet avançait, j’ai eu l’opportunité de venir le présenter à des forums, des concours et des salons, notamment la Biomim Expo 2021, au cours de laquelle j’ai pu rencontrer des membres de l’ONG The SeaCleaners. Immédiatement, j’ai vu dans le projet phare de l’association, le Manta, le « grand-frère » de Green Turtle ! A ce moment-là de mon parcours, j’arrivais en dernière année de mon cycle ingénieur. J’ai donc envoyé une candidature spontanée, pour effectuer un stage dans le bureau d’études… et j’ai été pris !

Dans quel pôle travailles-tu ? Quelles sont tes missions au sein de The SeaCleaners ? 

J’ai effectué mon stage de fin d’études dans le bureau d’études de The SeaCleaners, Manta Innovation. Le sujet de celui-ci portait sur l’intégration, à bord du Manta, d’une solution d’hydrogénération, c’est-à-dire qui produit de l’électricité avec le courant aquatique quand le navire avance à la voile ! Il s’agit donc d’un stage d’ingénierie mécanique, ce qui correspond totalement à la formation que j’ai reçue à l’école. Mais j’ai pu aller plus loin, en réalisant notamment des études hydrodynamiques (NDLR : études de l’écoulement d’un fluide sur un corps). En effet, la pièce que j’ai conçue pour tenir cet hydrogénérateur dans l’eau est si massive qu’elle influe, lorsqu’elle est déployée, sur la traînée totale du navire !

Qu’as-tu appris lors de ton stage ?

Sur le plan technique, j’ai pu développer les compétences que j’avais acquises en cours, mais aussi lors des projets scolaires ou associatifs. C’est une chose de répondre aux questions d’un exercice théorique en partiels, c’en est une autre que de concevoir un bras de six mètres de long capable de tenir une machine de presque 2 tonnes, le tout en mouvement et dans l’eau !

Sur le plan humain, je dirais que c’est avant tout la culture de l’ingénieur naval, et du marin de manière générale. Le secteur naval regorge de termes pour nommer les différentes parties d’un navire, ou même de principes physiques uniques au domaine maritime. Parfois, il m’arrivait de tomber sur un terme en anglais dont la traduction en français ne me parlait même pas ! Heureusement, j’ai pu bénéficier des connaissances de mes collègues, qui sont tous autant pédagogues qu’amoureux de la mer. 

Ton stage a-t-il orienté d’une façon ou d’une autre la suite de tes études ou de ta carrière ?

Avec ce stage, je voulais confirmer ma volonté de me réorienter vers le secteur naval, qui est un secteur en plein boum, mais aussi dans la protection de l’environnement. Grâce à The SeaCleaners, j’ai pu allier compétences (acquises au cours de ma formation), passions (la mer), et valeurs (la sauvegarde de la planète). Comment donc, au terme du stage, ne pas vouloir rester dans l’association et poursuivre le chemin à ses côtés ?

Baptiste Jagoury et l'équipe de The SeaCleaners

Quels seraient les conseils que tu donnerais aux étudiants de ta filière pour la préparation / le choix de leur stage ?

Ne pas attendre les offres de candidatures ! En approchant les entreprises ou les associations de manière spontanée, non seulement vous vous épargnez la peine de devoir être mesuré.e à d’autres candidat.e.s, mais vous prouvez instantanément votre motivation ! Par ailleurs, il ne faut pas non plus hésiter à regarder du côté des ONG, parce qu’elles peuvent parfois être dotées de bureaux d’études. Pour ma part, l’ESTACA m’a vraiment donné la culture du monde associatif, où l’on travaille avec passion à l’élaboration de solutions innovantes, parfois un peu folles, mais toujours utiles. Avec TSC, j’ai trouvé le compromis parfait entre rêve et réalité, entre volonté de sauver le monde (ou du moins d’y participer) et capacité de le faire. Venez dans ce genre de boîtes, proposez vos idées, et concrétisez-les !

 

Quelque chose à ajouter ?   

Il y a quelque temps, j’ai eu la chance de pouvoir donner une conférence TEDx, qui portait sur la pollution plastique, et l’importance d’avoir des idées pour la combattre. Je suis toujours convaincu que c’est le cas : l’état de notre planète doit être une source d’inspiration pour la sauver ! Comme n’importe quel geek – pardon, ingénieur -, je rêve de voir l’homme parcourir les étoiles ; mais avant d’y aller, il faudrait songer à redonner à notre belle petite planète bleue toute sa splendeur. Et les ingénieurs ont leur rôle à jouer là-dedans !