FAQ

LA NAISSANCE DU MANTA

D'où est venue l'idée du Manta ?

A l’âge de 8 ans, Yvan Bourgnon a fait le tour du monde en bateau avec ses parents.

Trente-cinq ans plus tard, en 2013, lors de son tour du monde en solitaire, il réalise avec sidération que tous les océans qu’il a connus dans son enfance sont désormais très largement pollués par les déchets plastiques et que les lieux paradisiaques qu’il a connus ne sont désormais plus que des décharges.

De ce choc est né le besoin impérieux d’agir. Il se lance alors dans l’aventure The SeaCleaners en 2016.

Pourquoi avoir choisi le nom Manta pour le bateau ?

La raie Manta est la plus grande des raies (7 mètres en moyenne). Malgré sa grande taille, ce sélacien se nourrit de plancton et exceptionnellement de crustacés qu’il amène à sa bouche à l’aide de ses nageoires céphaliques. Par sa beauté, sa puissance, sa capacité à se nourrir en filtrant l’eau, la raie Manta est aussi un symbole universel de liberté, de sagesse et de force tranquille au service des causes justes. C’est donc elle qui nous a inspiré le nom de notre bateau nettoyeur des océans.

Comment avez-vous imaginé la conception de ce bateau ?

Yvan Bourgnon, qui est à l’origine de l’idée d’un bateau dépollueur, s’est entouré d’experts, d’ingénieurs, d’architectes navals et de scientifiques pour réaliser l’étude de faisabilité et la phase de conception du bateau. L’objectif était de permettre au bateau de remplir l’ensemble de ses missions de la manière la plus efficace possible, tout en optimisant ses coûts de construction et d’exploitation et en ayant l’empreinte écologique la plus faible possible.

Le Manta est le fruit de 3 années de Recherche et Développement, qui ont mobilisé une équipe de 58 ingénieurs, techniciens et chercheurs, venus d’une vingtaine d’entreprises industrielles, dont des leaders mondiaux dans leur domaine, et de cinq laboratoires de recherche, tous réunis au sein d’un consortium technique unique au monde.

Pourquoi avez-vous choisi que votre bateau soit un catamaran ? Quel est l'avantage de ce type de bateau particulier par rapport à un bateau ordinaire ?

Nous voulions que le Manta soit le plus vert possible et que son empreinte énergétique soit la plus faible possible. Un catamaran est un voilier, donc il consomme beaucoup moins d’énergie que d’autres types de bateaux. Notre objectif est d’ailleurs d’utiliser au maximum les voiles pour la propulsion. La consommation de fuel, et donc les émissions de CO2, seront ainsi réduites au minimum.

LE FONCTIONNEMENT DU MANTA

Quelle est la particularité du Manta ?

Le Manta est la seule initiative de dépollution marine conçue pour remplir 4 missions complémentaires afin d’apporter une réponse à 360° au fléau de la pollution plastique.

  1. Collecter les déchets plastiques flottants en mer

La première mission du Manta est de collecter et de traiter, en les valorisant ou en les stockant, les déchets plastiques en mer, principalement dans les embouchures et les estuaires des grands fleuves où les nappes sont particulièrement concentrées, avant que les déchets se fragmentent et rejoignent les fonds marins ou les gyres océaniques, où il est extrêmement difficile de les récupérer. Le Manta pourra récupérer les déchets d’une très petite taille, dès 10 millimètres, et jusqu’à un mètre de profondeur.

  1. Accueillir des missions scientifiques

Le Manta accueillera des équipes scientifiques à bord du navire et mettra à leur disposition des laboratoires et des équipements leur permettant de mener des missions de géolocalisation, quantification et caractérisation des déchets. L’ensemble des résultats de ces missions sera publié et les données seront mises à disposition en Open data pour améliorer les moyens mondiaux de lutte contre la pollution plastique océanique.

  1. Mener des actions de sensibilisation auprès du public

Le Manta accueillera du public à bord lors de ses escales pour agir de manière préventive sur les sources de la pollution plastique océanique en menant des actions de sensibilisation à destination des populations les plus impactées par la pollution plastique.

  1. Promouvoir la transition vers l’économie circulaire locale

Le Manta disposera à son bord d’un panel complet de solutions technologiques permettant de lutter contre la pollution plastique océanique, allant des solutions de collecte des déchets jusqu’à leur valorisation en passant par leur traitement. Il mettra également à l’honneur des technologies innovantes de navigation propre, pour les smart et green ships. Des visites de ces installations seront organisées pour que les acteurs politiques, industriels et économiques locaux puissent se les approprier afin de lutter contre leurs problèmes de pollution.

Grâce à la multiplicité de ses moyens de collecte, le Manta fera partie des plus gros collecteurs, avec un objectif situé entre 5 000 et 10 000 tonnes de déchets par an.

Il sera aussi le seul bateau capable de traiter de manière industrielle 100 % du plastique collecté, tout en fonctionnant à 75%, sans recourir aux énergies fossiles, en moyenne.

Combien de personnes le Manta peut-il accueillir ?

Le Manta pourra accueillir 34 personnes à bord. Un équipage de 22 personnes est nécessaire pour manœuvrer le bateau et opérer dans l’usine de bord (collecte des déchets, tri manuel, stockage, supervision). En plus de l’équipage, le bateau pourra héberger 12 invités : des équipes scientifiques du monde entier pour des missions à bord (puisque le Manta contiendra des installations scientifiques de  pointe), des ONG, des entreprises, des décideurs politiques et économiques… Le Manta ne sera pas seulement un navire-usine, il sera aussi un laboratoire de pointe pour l’observation, l’analyse et la compréhension de la pollution plastique, une plateforme éducative et un ambassadeur de la cause.

Quelles sont concrètement les caractéristiques techniques du Manta qui le rendent unique et efficace ?

Le Manta est la seule solution en cours de développement permettant de collecter et traiter de manière industrielle et de façon ciblée des macrodéchets flottant à la surface des océans. C’est une solution mobile active, complémentaire des autres actions de collecte en mer qui sont en général limitées à des espaces protégés de la houle, comme des zones portuaires, réalisées à plus faible échelle (petites capacités de collecte comme les chalutiers), ou encore effectuées de manière passive, par exemple en utilisant des systèmes de collecte dérivants qui récupèrent des plastiques ayant été largement désagrégés.

Dans quelles régions allez-vous réaliser les collectes ?

Pour être le plus efficace possible, nous irons dans les zones où se trouvent les concentrations de déchets les plus importantes, c’est-à-dire les estuaires ou les embouchures des grands fleuves les plus polluants. Le ciblage se fera aussi à partir d’images satellites que nous allons collecter et de campagnes exploratoires mises en place par l’association. Nous nous appuierons également sur les données venant d’autres associations ou ONG, et de tous les autres organismes spécialisés prêts à nous soutenir dans nos actions.

La spécificité du Manta est qu’il s’agit d’un navire hauturier, ce qui en fait une solution de dépollution mobile. Il sera donc également capable d’intervenir rapidement dans les zones frappées par des catastrophes climatiques ou naturelles (tsunami, ou ouragan), qui provoquent des afflux de déchets très importants dans les océans et sur les littoraux.

Comment les déchets vont-ils être ramassés, recyclés et traités à bord et à terre ?

Les déchets monteront à bord du Manta par le biais de tapis-collecteurs situés entre les coques, par des chaluts installés à l’arrière du bateau, ou par les Mobula, nos petits bateaux multiservices collecteurs de déchets. A bord, les déchets seront triés manuellement. Les déchets organiques non souillés de particules de plastiques seront rejetés à l’eau. Les déchets plastiques restants seront majoritairement valorisés à bord et transformés en électricité pour alimenter la propulsion et le fonctionnement du bateau. Une partie des déchets non valorisables sera stockée afin d’être débarquée dans les ports pour être prise en charge par des filières locales de traitement et de recyclage.

Que ferez-vous avec le plastique collecté ?

Notre objectif est de rapporter le moins de plastique possible à terre. Et dans ce cas, ce sera uniquement parce que nous sommes sûrs que des installations de recyclage adéquates existent et qu’elles peuvent traiter le plastique que nous ramenons. La majeure partie, voire la totalité, du plastique collecté en mer sera transformée en électricité grâce à notre unité de conversion des déchets en énergie.

Les déchets qui ne sont pas traités et convertis en énergie à bord seront stockés dans des big bags à bord avant d’être déchargés dans le port pour être remis aux partenaires de l’industrie locale du recyclage lorsque cela est possible, ou aux partenaires internationaux de The Seacleaners.

La philosophie de The SeaCleaners est de contribuer au développement de l’économie circulaire et des industries de recyclage dans les pays où le Manta sera exploité. Nous travaillerons donc avec les acteurs locaux du recyclage dans chaque pays afin d’identifier les meilleurs partenaires. À cette fin, nous sommes déjà en contact avec les autorités et les associations locales dans les premiers domaines d’intervention.

Comment fonctionne l’unité de valorisation énergétique des déchets ?

Tout ce que nous collectons et transformons à bord du Manta sera converti en quelque chose de précieux selon les principes de l’économie circulaire que nous adoptons.

Le plastique collecté sera broyé, transformé en boulettes pour augmenter son efficacité énergétique et fondu par pyrolyse. Trois types de produits seront générés : principalement du gaz de synthèse (qui sera converti à 90 % en électricité par une turbine), une petite quantité de char (poussière de charbon) qui sera stockée et valorisée à terre (pour faire du bitume ; dans une cimenterie, peut être utilisé comme combustible) et des émissions de chaleur qui seront récupérées pour les besoins du Manta (chauffage, etc.). Rien n’est gaspillé.

Combien de temps durera une campagne de collecte ?

Chaque mission de collecte durera environ 3 semaines, en fonction de la densité des nappes de déchets à collecter, de la capacité de stockage du navire et de la disponibilité de sources d’énergies renouvelables (vent et ensoleillement).

Combien de tonnes de plastique prévoyez-vous de collecter par jour en moyenne, lors d'une mission ?

Les différents systèmes de collecte de déchets et l’usine de traitement des déchets à bord ont été conçus pour collecter et traiter environ 3 tonnes par heure, c’est-à-dire jusqu’à 60 tonnes par jour.

La collecte des déchets variera toutefois en fonction de la taille et de la densité des plaques de déchets marins que le navire Manta rencontrera.

Les bancs de déchets peuvent avoir des densités très variables et qu’ils ne sont pas seulement adjacents les uns aux autres. Ils sont parfois distants de plusieurs kilomètres. Afin d’être le plus efficace possible dans notre mission de collecte, nous travaillons donc avec plusieurs partenaires universitaires sur des technologies et des modélisations mathématiques qui nous permettent de géolocaliser les nappes de déchets et de déterminer leur dérive. C’est également dans un but d’efficacité que nous avons conçu des solutions mobiles (le Manta, complété par les deux petits bateaux de collecte Mobula pour les zones côtières et fluviales) qui nous permettent d’aller rapidement là où les concentrations de déchets sont les plus élevées.

Quelle quantité de déchets le Manta sera-t-il à même de récolter en une année ?

Le Manta est dimensionné pour collecter de grandes quantités de déchets : chaque mission devrait permettre de retirer plusieurs dizaines de tonnes de déchets de l’eau. Son objectif est de collecter 5 à 10 000 tonnes par an.

Quelles sont les tailles maximale et minimale des déchets plastiques océaniques que le Manta peut collecter ?

Le Manta pourra collecter des déchets de 10 à 20 mm. C’est un point essentiel pour faire du Manta une solution efficace et adaptée à la pollution plastique. Nous serons en mesure de collecter à la fois les débris considérés comme des micro-déchets (moins de 25 mm) et des macrodéchets (tout ce qui dépasse 25 mm – selon la norme internationale). Il était essentiel pour The SeaCleaners de pouvoir collecter des déchets de la plus petite taille possible, car on sait que la taille des déchets plastiques est très variable, allant du microscopique au macroscopique (observable à l’œil nu). Sous l’effet de l’eau et de la lumière du soleil, les plastiques se fragmentent en morceaux de plus en plus petits.

Il n’y a pas de taille maximale : nous aurons des grues ainsi que des zones de stockage spécifiques pour les déchets les plus encombrants.

Est-ce que le Manta sera capable de collecter les microparticules ?

Le Manta pourra collecter des déchets de très petite taille, à partir de 10 millimètres, considérés comme des micro-déchets, mais pas les plus petites particules engendrées par la décomposition des déchets plastiques. Collecter ces microparticules est extrêmement difficile, voire impossible à l’heure actuelle. The SeaCleaners, avec le projet Manta, se concentre sur les déchets flottants dans les zones où ces déchets sont en forte concentration, mais également où ils ont encore peu séjourné dans l’eau de mer et où ils ont été peu exposés aux UV. Notre objectif est de les collecter avant qu’ils se fragmentent ou se désagrègent pour devenir des micro-déchets.

Collecterez-vous et trierez-vous uniquement des déchets plastiques ? Que ferez-vous des autres déchets (bouteilles, jouets, chaussures de sport, serviettes, autres emballages) ?

Les déchets seront triés manuellement après la phase de collecte. Ce qui ne sera pas converti en énergie sera stocké pour être ramené à terre et réinjecté dans des filières locales de recyclage. Notre capacité de stockage des déchets est un peu supérieure à 50 tonnes (140 mètres cubes). En plus de cela, nous aurons un conteneur de 33 m3 pour les filets et un conteneur de 33 m3 pour les déchets dangereux, soit un total de 206 m3 de stockage.

Quel est le chantier naval ou sera construit le bateau ?

La sélection du chantier naval interviendra dans le courant de l’année 2021.

Quand le bateau sera-t-il mis à l'eau ?

L’objectif de mise à l’eau est programmé pour fin 2023 afin que les premières collectes puissent être réalisées en 2024.

L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DU PROJET MANTA

Est-ce que ce bateau sera une nuisance pour la faune et la flore marine ?

Tous les efforts sont faits pour minimiser les impacts sur la faune et la flore marine. Notamment, le bateau sera muni d’un système d’éloignement des animaux marins par infrasons pour faire fuir les poissons et mammifères marins à l’approche du bateau.

Le tri des déchets se fera manuellement : le peu d’organismes vivants et les déchets organiques qui se retrouveront pris dans les tapis collecteurs seront immédiatement remis à l’eau, sans dommage.

Sauf cas particuliers, l’ancrage ne sera pas nécessaire donc l’impact sur les herbiers et la flore marine sera minimisé, et les escales seront programmées dans des ports équipés d’infrastructures permettant de prendre en charge les cargaisons de déchets ramenés par le navire.

Quel est l'impact écologique du bateau ?

Tout a été pensé pour réduire au minimum l’empreinte écologique du bateau.

Afin de réduire la quantité de CO2 émise dans l’atmosphère, le Manta utilisera autant que possible des sources d’énergies renouvelables (éolien, solaire, hydrogénérateurs…) ainsi que l’électricité produite par l’unité de valorisation énergétique des déchets, afin de naviguer et de faire fonctionner ses équipements embarqués. La consommation de fuel, et donc l’émission de CO2, sera aussi réduite que possible. En moyenne, le bateau sera autonome à 75%.

La quantité d’énergie totale nécessaire au fonctionnement du Manta a également été optimisée.

La construction du navire elle-même sera-t-elle écologique ?

Nous avons conçu le Manta pour qu’il soit le plus propre possible, aussi bien dans son fonctionnement que dans sa conception.

Pour cela, nous conduisons des analyses de cycle de vie exhaustives sur chaque volet de la conception, pour déterminer quels sont les meilleurs matériaux, les plus durables, les plus recyclables, ceux qui ont le bilan carbone le plus faible, depuis la première étape d’extraction des ressources nécessaires à leur assemblage, à la dernière étape de leur cycle de vie. Cette analyse poussée évite de succomber aux « fausses bonnes idées » et de faire des choix éclairés. Dans nos arbitrages, nous sommes aussi très attentifs à trouver le bon équilibre entre les matériaux du bateau et leurs poids, car si les matériaux sont trop lourds, le bateau sera moins manœuvrable et consommera plus d’énergie. Nous prenons en compte tous ces paramètres.

À bord du Manta se trouve une unité de valorisation des déchets. Comment veillez-vous à ce qu'aucune émission toxique provenant du plastique incinéré ne soit rejetée dans l'air ?

Nous avons travaillé dur avec nos partenaires industriels pour trouver la technologie la plus propre et la plus écologique possible pour traiter les déchets plastiques collectés et les récupérer, sans émission toxique. Notre unité de valorisation énergétique n’est pas basée sur une technologie d’incinération des déchets, mais sur un système de pyrolyse sans flamme, donc sans combustion, qui engendre peu d’émissions de fumée.

Le réacteur de pyrolyse fait fondre le plastique et le convertit en gaz de synthèse. Ce gaz passe par un brûleur pour produire de l’électricité, et les fumées sont filtrées de sorte que les émissions finales soient très peu nombreuses et conformes aux normes les plus strictes, basées sur les exigences réglementaires européennes.

Comment fonctionne le système de propulsion en général ? Qu'est-ce qui rend le bateau exempt d'émissions ?

Notre objectif est que le Manta fonctionne à un niveau d’autosuffisance énergétique de 75 %. Pour y parvenir, les voiles seront utilisées la plupart du temps, seules ou avec les hélices, afin de minimiser la consommation d’énergie, l’empreinte écologique et les coûts d’exploitation du bateau.

Nous avons dissocié deux phases de propulsion. La première est la phase pendant laquelle le bateau ramasse les déchets à basse vitesse, environ trois nœuds : il fonctionnera alors avec des moteurs électriques alimentés principalement par des énergies renouvelables. La deuxième phase de propulsion correspond à la livraison des déchets à terre. Dans ce cas, nous utiliserons les voiles pour pouvoir atteindre le port le plus rapidement possible, à une vitesse de huit nœuds.

En plus de ses 1 500 m² de voiles, le Manta sera équipé de 450 m² de panneaux solaires, de deux éoliennes, d’hydrogénérateurs et d’un système de récupération d’énergie qui produira de l’électricité pour alimenter les hélices et l’installation à bord.

Un système embarqué de gestion de l’énergie sur mesure déterminera la combinaison la plus efficace entre les différentes sources de production d’énergie disponibles à bord (éoliennes, générateurs d’hydrogène, panneaux solaires, grands gréements…) pour répondre aux besoins de consommation d’énergie des missions en cours.

Ce système unique de gestion de l’énergie intégrera un module de routage capable de calculer – en fonction des prévisions météorologiques – les itinéraires les plus efficaces en termes de production d’énergie et de propulsion hybride (moteur et/ou voiles). Cette combinaison pionnière de technologies permettra de minimiser à la fois l’impact environnemental du navire et ses coûts opérationnels.

LE FINANCEMENT DU PROJET MANTA

Est-ce que le projet Manta est rentable ?

En tant qu’association d’intérêt général, The SeaCleaners n’a pas de but lucratif. Le Manta est développé pour contribuer au bien commun. On peut comparer le problème de la pollution plastique océanique à la collecte des déchets dans les communes. L’enlèvement des déchets est-il rentable ? Non, c’est un service public. Mais il est nécessaire si l’on ne veut pas vivre dans des rues jonchées de poubelles et pour éviter des problèmes de santé publique.

Il faut néanmoins noter que, lors de la conception du Manta, tous les efforts sont faits pour utiliser de la manière la plus efficace possible les dons financiers de nos soutiens : nous avons conçu un navire qui sera non seulement le moins cher possible à construire mais également le moins cher possible à opérer, tout en remplissant de la manière la plus efficace possible ses missions. Ceci est possible en augmentant son autonomie énergétique pour réduire les coûts de consommation de fuel, en maîtrisant le nombre de membres d’équipage et le nombre d’opérateurs, en optimisant sa taille, etc.

Enfin, les solutions technologiques promues par The SeaCleaners pour la gestion et la valorisation des déchets plastiques et la navigation propre sont développées pour être adoptées et mises en œuvre rapidement et efficacement dans le cadre d’initiatives de développement d’économie circulaire locale mises en œuvre, et pour qu’elles soient économiquement viables.

Comment le projet Manta est-il financé ?

Nous dépendons uniquement des dons des particuliers et entreprises mécènes pour assurer le fonctionnement de l’association et le financement de la conception et de la construction du premier bateau. Nous recevons également un soutien grâce à notre boutique en ligne.

Combien coûtera la construction du Manta ?

Le Manta coûtera environ 35 millions d’euros, ce qui est relativement peu par rapport à d’autres projets industriels similaires et au nombre total de missions que le navire effectuera. Le Manta est un navire pionnier comme aucun autre au monde : il sera le premier bateau mobile au monde capable de collecter, traiter et récupérer des déchets plastiques en grande quantité. Et il accueillera également des missions scientifiques et éducatives.

Qui dit « premier », dit « tests », « prototypes » et des dizaines de milliers d’heures d’études : nous avons dû tester et valider de nombreuses hypothèses scientifiques et techniques pour atteindre une efficacité optimale.

100% du budget est d’origine privée, grâce aux entreprises sponsors qui nous soutiennent.

A quoi servent les dons des particuliers ?

Par leurs dons, les particuliers contribuent à un projet environnemental d’envergure et luttent de façon concrète contre la pollution plastique dans les océans, en participant au financement de la conception et de la construction du Manta, et aux coûts de fonctionnement de l’association pour qu’elle mène à bien ses missions de sensibilisation, d’éducation, de recherche scientifique…

COMMENT AGIR CONTRE LA POLLUTION PLASTIQUE ?

Comment est-il possible de résoudre le problème de la pollution plastique ?

En combinant nos efforts ! La réduction de la pollution plastique ne sera possible que si tout le monde s’implique. C’est à dire les particuliers, les politiques et les industriels. Car face à un problème d’une telle ampleur, la mobilisation doit être massive et collective. Tous les leviers vers le changement doivent être actionnés : évolution des procédés industriels, évolution des politiques publiques et changement de comportements individuels. C’est à chacun de commencer à changer, de prendre ses responsabilités et de se montrer exemplaire pour que les autres lui emboîtent le pas !

A qui appartiennent les déchets collectés ?

Selon le droit maritime international, les déchets trouvés dans les eaux internationales appartiennent à ceux qui les trouvent.

Cependant, dans les eaux territoriales dans lesquelles le Manta va principalement réaliser ses campagnes de collecte (dans les estuaires et embouchures des fleuves), la propriété des déchets collectés dépend des lois nationales des pays au large desquels le Manta opère, et cela est variable.
Pour ces raisons, des discussions seront menées avec les autorités locales en amont de la réalisation des campagnes de collecte afin d’obtenir au préalable les autorisations nécessaires à la réalisation de ces collectes.

Pourquoi ne prévoyez-vous pas de nettoyer les gyres des océans Pacifique et Atlantique où se trouvent la plupart des déchets plastiques marins ?

Les plastiques que l’on retrouve dans les gyres océaniques sont des plastiques très anciens, désagrégés et très fragmentés. Même si les images paraissent impressionnantes, les concentrations de déchets plastiques sont relativement faibles et les débris sont souvent de très petite taille, presque impossibles à collecter. Il existe d’autres systèmes de collecte passifs qui essaient de trouver les meilleures technologies pour traiter ces zones. Nous avons choisi d’agir dans les zones où la concentration de déchets est forte et d’intervenir avant que les plastiques se dégradent, se fragmentent, coulent ou dérivent, et soient impossibles à récupérer.

Pensez-vous être capable de résoudre le problème des déchets plastiques marins si vous ne vous contentez que d’attraper ceux qui flottent ?

Nous ne faisons pas de fausses promesses. Un seul dispositif de nettoyage ne peut pas résoudre à lui seul le problème des déchets en plastique.

Chez The SeaCleaners, notre objectif est d’éviter que la situation s’aggrave.

Renoncer à collecter totalement, pour la seule et unique raison que l’on n’est pas en capacité de tout nettoyer, ce serait comme renoncer au ramassage des ordures à terre sous prétexte qu’on n’est pas encore parvenu au zéro déchet intégral. Nous refusons le fatalisme et sommes déterminés à faire notre part du travail, même si la tâche et immense.

Pourquoi essayez-vous de collecter le plastique au lieu de travailler sur la réduction de la production plastique ?

Nous travaillons sur tous les fronts. A terre, en mer, via des actions correctives de collecte, mais aussi par des actions préventives.

Nous menons des actions d’éducation et de sensibilisation, seuls ou en partenariat, pour encourager les écogestes et couper le robinet du plastique à la source.

Le Manta lui-même n’a pas qu’une mission de collecte et de valorisation des déchets : il est aussi un laboratoire de recherche scientifique, dont toutes les données seront accessibles en Open Data, et une plateforme pédagogique. Notre action repose résolument sur ces deux piliers : le correctif et le préventif.

Et il ne faut pas oublier que la collecte en mer crée un cercle vertueux : elle permet de donner des résultats concrets, rapides, visibles, qui participent à leur tour à éveiller les consciences, à mobiliser les pouvoirs publics, les entreprises, les communautés, les citoyens et à faire bouger les lignes.

Sera-t-on un jour en mesure d’éliminer le plastique de l'océan puisque l'homme déverse chaque année des millions de tonnes supplémentaires de plastique dans la mer ?

Dans ses dernières résolutions, l’Organisation des Nations Unies elle-même préconise le nettoyage des écosystèmes en parallèle du travail en amont.

Nous ne faisons pas de fausses promesses. Un seul dispositif de nettoyage ne peut pas résoudre à lui seul le problème des déchets plastiques.

Il est facile de baisser les bras face à l’ampleur du problème, de se dire que rien ne sert de collecter. Nous ne sommes pas de cet avis. Nous refusons la résignation. Nous nous plaçons du côté des solutionnistes, du côté de ceux qui pensent que l’action est toujours préférable à l’inaction et à la passivité. Nous sommes comme le colibri de la fable : aucun geste n’est anodin quand il est répliqué des milliers de fois. Si chacun contribue, même à l’échelle individuelle, à réduire la pollution plastique, nous provoquerons le changement.

Et puis il ne faut pas oublier que la collecte en mer crée un cercle vertueux : elle permet de donner des résultats concrets, rapides, visibles, qui participent à leur tour à éveiller les consciences, à mobiliser les pouvoirs publics, les entreprises, les communautés, les citoyens et à faire bouger les lignes.

Enfin, le Manta se veut un bateau démonstrateur de technologies : nous voulons montrer que les technologies de collecte et de valorisation sont efficaces, abordables et encourager ainsi des acteurs publics ou privés à s’en emparer. Nous sommes dans le modèle de la duplication. Notre objectif est d’inciter d’autres acteurs à s’emparer du problème et à agir, que ce soit des collectivités, des entreprises privées, des États…

Pourquoi aller collecter les déchets en mer ?

Dans ses dernières résolutions, l’Organisation des Nations Unies préconise le nettoyage des écosystèmes en parallèle du travail de prévention et de sensibilisation, mené en amont.

Pourquoi ?

  • Par principe de précaution: les résultats des campagnes visant à réduire la consommation et la production de plastiques porteront leurs fruits dans des années. En attendant, les déchets continuent à se désagréger en microplastiques qui sont absorbés par la vie marine et passent dans notre chaîne alimentaire. Si les effets toxiques des microplastiques sur notre santé sont aujourd’hui encore largement méconnus, des chercheurs de l’Université d’Arizona (États-Unis) en ont récemment détectés pour la première fois dans des organes humains.
  • Par motivation environnementale: 1 000 000 d’oiseaux marins et plus de 100 000 mammifères marins meurent chaque année par ingestion ou étouffement. Collecter les déchets permet d’éviter que la situation s’aggrave. Et surtout sauve des vies : chaque kilo de plastique ramassé est un kilo de plastique qui ne tuera pas.
  • Pour la mobilisation citoyenne : cette bataille nécessite de maintenir les bonnes volontés motivées en partageant régulièrement les succès, petits et grands. Il est facile de baisser les bras face à l’ampleur du problème, de se dire que rien ne sert de collecter. Nous ne sommes pas de cet avis. Nous refusons la résignation. Nous nous plaçons du côté des « solutionnistes », du côté de ceux qui pensent que l’action est toujours préférable à la passivité.

Les macro-plastiques sont-ils vraiment une priorité alors que les études montrent que la majorité de la pollution plastique océanique est composée de microplastiques ?

Vouloir opposer macro et microplastiques est un faux débat. C’est comme dire qu’il ne faut réguler la circulation des voitures que sur les autoroutes et pas sur les petites routes de campagnes, ou vice-versa. De vouloir lutter contre certains crimes mais pas tous. La crédibilité de toute action contre la pollution marine repose sur l’engagement de traiter toutes les formes de pollution marine.

Aujourd’hui, il n’existe pas de solution opérationnelle efficace pour collecter les microplastiques en dessous d’une certaine taille. Renoncer à ramasser les macrodéchets en espérant qu’un jour hypothétique on puisse ramasser les microplastiques est un pari risqué. Par ailleurs, les microplastiques se forment en partie à partir des macro-plastiques. En réduisant les macro-plastiques, on réduit de fait les micros.

Est-ce que le fait de collecter ne va pas inciter les gens à continuer à polluer ?

Chez The SeaCleaners, nous croyons que la collecte peut jouer un rôle de sensibilisation et de mobilisation.

Dans une bataille de longue haleine comme la collecte des plastiques, on a besoin de mobiliser les esprits et maintenir les bonnes volontés motivées en partageant des « victoires » intermédiaires. Nous sommes convaincus que la collecte en mer crée un cercle vertueux : elle permet de donner des résultats concrets, rapides, visibles, qui participent à leur tour à éveiller les consciences, à mobiliser les pouvoirs publics, les entreprises, les communautés, les individus et à faire bouger les lignes.

Pensez-vous que le fléau de la pollution plastique puisse être stoppé ?

Si nous agissons de manière collective, nous pouvons réduire les dégâts et à terme maîtriser ce problème. Stopper la pollution plastique reste impossible tant que nous continuerons à vivre, consommer et produire en masse du plastique comme nous le faisons aujourd’hui.
Grâce aux actions de sensibilisation et d’éducation menées par des centaines d’acteurs à travers le monde, dont The SeaCleaners, et des initiatives politiques dirigées contre le plastique à usage unique, les mentalités changent. Une prise de conscience collective est en marche pour faire face à ce fléau de manière durable. Il faut y croire et agir !

LA SUITE DU PROJET

Allez-vous construire une flotte de Manta et les vendre ?

The SeaCleaners est une association d’intérêt général, et pas une start-up. Notre objectif n’est pas de vendre des bateaux mais de développer un bateau vitrine, emblématique, qui montre que « nettoyer » les océans est possible, grâce à des technologies fiables, efficaces et viables économiquement.

Notre objectif est d’inciter d’autres acteurs à s’emparer du problème et à agir, que ce soit des collectivités, des entreprises privées, des États… Nous sommes dans un modèle de duplication.

Un Manta tout seul ne règlera pas le problème de la pollution plastique, il faut créer une flotte. Mais nous ne pourrons pas le faire tout seul. L’objectif de The SeaCleaners c’est d’ouvrir la voie, d’être un pionnier, et de développer les meilleures options technologiques pour montrer le chemin, avec des solutions techniquement faisables et efficaces, socialement acceptables et économiquement viables. Au sein de The SeaCleaners, notre branche Manta Innovation développe ces technologies, qui auront vocation à être adoptées par d’autres acteurs et répliquées.