Image Site Seaview3

Repenser la gestion globale des plastiques – le rôle de l’industrie.

Résumé :

Les options susceptibles d’adresser le problème de la pollution plastique mondiale ont été un sujet de discussion prioritaire dans nombre de rassemblements politiques internationaux, un certain nombre de pays demandant à cette occasion un nouvel accord sur un cadre réglementaire. Les auteurs de cet article présentent un état des lieux de ces discussions.

Selon eux, les approches traditionnelles ont été évoquées telles que la mise en place de mesures préventives pour éviter l’arrivée des déchets plastiques en mer comme, par exemple, l’interdiction des sacs à usage unique. Mais aucun accord concret sur les modes de financement pour soutenir les plans d’actions nationaux n’a été validé, en particulier lorsque que ces plans nécessitent la mise en place d’un système durable de gestion des déchets. Un nouveau schéma est proposé ici par extension de la notion de responsabilité du producteur de plastique.

Basé sur la notion de pollueur payeur, ce schéma constituerait le cœur d’un système global pour réduire les déchets plastiques. Il serait implémenté suivant les méthodes standards et par le développement de plans de financement nationaux volontaires. Ceci permettrait au principe de pollueur payeur d’être appliqué à la gestion de la pollution plastique à un niveau international.

Avis The SeaCleaners :

Le principe du « pollueur payeur » est un aspect fondamental des lois sur l’environnement. Il s’agit du principe n°16 de la déclaration de Rio en 1992. Selon cette approche, l’industriel est responsable de la fin de vie de ce qu’il produit. Lorsque ce produit devient un déchet, il doit donc assurer sa récupération, son recyclage ou son traitement.

Cette approche est très peu suivie par l’industrie, car c’est finalement celui qui fait le produit manufacturé juste avant sa vente qui est impacté. Le reste de la chaine de valeur sur les matières et leur utilisation ne l’est pas. De plus, la gestion des déchets est souvent organisée par les états ou les provinces de manière plutôt déconnectée des productions industrielles. L’approche par primes et par taxes pour financer ces activités a ses limites. Le cadre réglementaire global proposé dans cet article imposerait une taxation internationale ayant la vertu de stimuler l’émergence de nouveaux produits innovants et ainsi de minimiser les taxes.

En fait, selon nous, c’est la notion de responsabilité évoquée dans le principe « pollueur payeur » qui devrait être étendue. En effet, l’industriel producteur d’un objet plastique est responsable de sa fin de vie, mais le consommateur est aussi responsable de son achat et de son utilisation, les gouvernements pour le soutien apporté à un modèle économique linéaire consommateur de ressources et producteur de déchets… Notre modèle de société occidentale est tout aussi responsable lorsqu’il est mis en place dans des pays en voie de développement, entrainant hyperconsommation de produits à durées de vie courtes et accumulation des déchets non gérés, car la compétence est jugée du ressort des gouvernements.

Avant l’arrivée du tout plastique, les paniers en fibres, les feuilles, le bois… se dégradaient très bien le long des rivières où ils étaient abandonnés sous forme de déchets. Cette habitude, que l’on critique beaucoup aujourd’hui, était très bien adaptée au style de vie en place. Les sociétés occidentales, sous couvert de développement économique ont installé de nouvelles habitudes de consommation sans se préoccuper de la gestion des déchets, alors que le problème des décharges était déjà bien connu dans ces sociétés. Dans ce cas, qui paye ?  

Nous voyons bien dans cet exemple que la notion de responsabilité n’est pas si simple à déterminer.  Gageons que l’économie circulaire nous apportera des solutions où chaque maillon de la chaine, y compris le consommateur, comprendra sa responsabilité globale.          

Source :

Rethinking global governance of plastics – The role of industry (2020)

Raubenheimer, Karen; Urho, Niko.

Marine Policy : 113, 103802. – DOI-Link : https://doi.org/10.1016/j.marpol.2019.103802

Edité par : Yannick Lerat / 16-04-2020  / SeaView@theseacleaners.org

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur email
Email